jeudi 14 janvier 2010

I'll find the way

Une photo superbe et des mots en osmose me suivent depuis quelques jours et m'évoquent une autre image.

Tous les matins, je dépasse en voiture un enfant et son grand-père sur le chemin de l'école. Je les appelle pour moi-même petit Ahmed et Ali parce que leur peau est ambrée comme du miel et que les boucles noires de l'enfant ne laissent aucun doute sur ses origines.
Petit Ahmed doit avoir 5 ou 6 ans, il marche calmement ou sautille, le cartable sur le dos, la main ancrée dans celle de son grand-père.
Ali marche d'un pas régulier, responsable et sérieux vers l'école, menant l'enfant avec sérénité.
Notre rencontre est fugace et chaque matin je guette les deux silhouettes qui ignorent mon existence.
La scène est banale et m'étreint chaque jour par son recommencement tranquille et immuable. Parce que l'enfant avance vers son avenir, que son grand-père ,dont la route a déjà fait de maints détours, l'accompagne de son pas métronome, et dans l'instant, tout ce qui m'attire, ce sont ces deux mains l'une dans l'autre.
La grande main guide et protège, la petite main s'abandonne et se réchauffe.

Je pense à ma grand-mère à qui je n'ai pas assez dit je t'aime. Sa main a souvent tenu la mienne sans que je perçoive le cadeau qu'elle me faisait: me mener sur le ponton de ma vie, me montrer l'horizon en prenant garde où poser les pieds, me dire sans une parole, juste avec la pression de ses doigts sur les miens, que l'amour sera mon meilleur guide et me sauvera de tout.

Que n'ai-je eu le temps de la remercier...de m'avoir si bien aidée à grandir.

Merci Archie...