mercredi 3 février 2010
Ailleurs, autrement.
Un ailleurs d'écriture m'appelle; un espace que je ne connais pas encore mais que j'imagine plus silencieux, moins exposé, au rythme maîtrisé et aux codes assouplis. Un ailleurs quoi!
Je vous remercie tous, lecteurs assidus ou occasionnels, souvent bienveillants, d'avoir cheminé avec moi sur la route de Mots d'Elle et d'avoir posé vos regards et vos mots sur les miens.
Vos univers me charment, me bluffent, me bousculent, me bouleversent... Je vous lirai!
Ailleurs, autrement.
Yaëlle
dimanche 31 janvier 2010
1,2...presque 3- partie 3/3

dimanche 24 janvier 2010
1, 2.. presque 3- partie 2/3

On plonge dans la nuit et la lumière des phares fend la soie sombre qui nous entoure. Le noir se reforme aussitôt dans mon rétroviseur. La voiture me fait l'effet d'un sous-marin étanche perdu dans un flot de tissu moiré.
Je fredonne sans m'en rendre compte "je l'aime à mourir", à croire que Cabrel s'est installé à l'arrière et me souffle les paroles.
Elle se moque de moi en ouvrant la tablette de chocolat, et l'aluminium crisse sous ses doigts. Elle me fait taire avec un carré assez gros qu'elle enfourne dans ma bouche, coupant le sifflet au romantique et apathique Francis autrefois moustachu. Gloups.
Elle ouvre le sachet du sapin à la vanille qui aussitôt se met à vouloir nous faire croire que les Antilles sont dans la bagnole. Je plisse le nez et guette une réaction de sa part, mais elle l'agite au bout de son index à la recherche d'un endroit où l'accrocher; elle finit par le fixer à l'allume-cigare, qui ne nous sert ni à elle ni à moi. Le truc se met à se balancer doucement en nous plongeant dans une ambiance de dessert du dimanche. Mon chocolat m'écoeure un peu du coup. C'est moi qui vais avoir la nausée, c'est le monde à l'envers. J'entrouvre ma fenêtre et l'air du dehors brasse la vanille.
Mes pensées tournicotent sans que je cherche à les ordonner. Je suis trop fatigué pour faire du classement. Elle chantonne en suçant son carré de chocolat, un truc un peu mielleux, Everything but The girl je crois. Elle fait ça avec application, comme si on était dans un studio d'enregistrement. J'aime bien son sérieux parfois.
Mes pensées s'agitent comme des poissons rouges devant le chat. La voiture ronronne. Je me demande si je suis à la hauteur, si j'ai les épaules pour assumer, si on a suffisamment d'argent, si l'appartement est assez grand, si j'ai les bons mots, si je peux continuer à la baiser...je déconne à plein tube mais c'est pas ma faute, ce sont mes pensées qui batifolent.
lundi 18 janvier 2010
1,2...presque 3- partie 1/3
Il y a la route à regarder, les lignes blanches pré-découpées qui la délimitent, la glissière de sécurité qui serpente métalliquement et ses cuisses qui me sautent aux yeux quand la lumière des phares vient périscoper dans l'habitacle de la voiture.En me dirigeant vers la caisse j'attrape une tablette de chocolat au lait et un sapin désodorisant pour voiture à la vanille; je me dis un peu trop tard que l'odeur risque de lui donner la gerbe et qu'on va manquer d'eau si on bouffe du chocolat, mais je reprends ma carte bleue sans rien dire. Cindy Lauper est rentrée se coucher et a laissé la place à Francis Cabrel qui aime à mourir. Je me demande une fraction de seconde si je l'aime à mourir et puis j'oublie.
Elle m'attend debout contre la vitre, absorbée par la contemplation des lumières de la station. Je ne vais pas lui dire que je la trouve belle parce que j'entends déjà sa réponse "t'es cinglé ou quoi? t'as vu ma tête, je ressemble à rien là", mais moi je la trouve vraiment bandante avec ses jambes couleur miel, ses baskets rouges, son pull trop long parce que c'est le mien et son sourire rien que pour moi. Je ne sais pas si elle réalise que j'ai de l'or au bout des doigts avec elle.
Dehors, on presse le pas vers la voiture. Tout est noir aux alentours, un peu comme si la station-service était sous un projecteur surpuissant au milieu de nulle part. Jamais vu une nuit aussi noire. Je distingue des arbres immobiles, silhouettes feuillues endormies. Jamais vu une nuit aussi silencieuse.
...A suivre
jeudi 14 janvier 2010
I'll find the way
Une photo superbe et des mots en osmose me suivent depuis quelques jours et m'évoquent une autre image.samedi 9 janvier 2010
A l'orée de tous les possibles
sourceA l'orée de cette nouvelle année, l'envie est grande de se retourner et de se laisser aller à la mélancolie et l'impuissance.Tant de larmes versées, tant de rêves brisés, tant de projets avortés, tant de coeurs glacés, tant d'existences meurtries; la vague me submerge et le flot pourrait m'emporter sans que je ne me débatte, presque libérée et apaisée.
Pourquoi poursuivre une route si mal balisée, où je slalome néanmoins par peur et par habitude. Le vide ne m'attire que pour me repousser. Pour tester ma résistance et mon courage. Pour me rappeler qu'il est là.A l'orée de ta bouche, mes larmes se mêlent à mes mots et disent ma petitesse et mon inutilité, ma honte et mes regrets. Je prononce en silence des mots juste ébauchés, et tes lèvres prennent un goût salé de désespérance.
A l'orée de ma bouche, ton souffle balaye les mots couleur de mer grise, se mêle aux murmures des larmes et disent des phrases lumineuses et chaudes. Ta force et ta sérénité sont des moteurs silencieux qui disent que nous avancerons ensemble et que nous ferons, à la mesure de nos compétences, ce que nous devons faire pour garder la tête droite, le regard sur l'horizon et le coeur un peu rasséréné.
Je t'admire.
Prends ma main...
La félicité personnelle ne sert qu'à donner la force d'entrer dans la lutte du quotidien, pour tous ceux qui n'en trouvent pas le chemin ou se sont égarés.
mardi 29 décembre 2009
Petite chronique futile du fond de l'armoire/2
Ma petite robe noire est la reine des pimbêches. Toujours un peu mystérieuse, toujours un peu distante, sous prétexte de sa couleur sombre qu'elle revendique distinguée. Elle a toujours un air condescendant pour reluquer ses congénères de la penderie, même si elle y reste plus souvent que les autres. Elle s'en moque. Elle sait qu'elle en sortira un jour de fête ou pour une soirée à la fois chic et sobre dont elle raffole.Car c'est une vraie bêcheuse. Jamais elle ne s'affichera avec des boots un peu avachies, pas plus qu'avec des tongs négligées. Non! Elle, elle a la classe! Elle glisse sur des bas satinés dont elle effleure la bande de dentelle et se juche sur des talons hauts et lanière serpentine ou des escarpins vernis et effilés. Elle en frissonne au fond de l'armoire, se remémorant les sorties raffinées et parfumées où l'on remarque la délicatesse de son galbe sur les fesses et la hardiesse de son décolleté savamment découpé.
Car c'est tout un art d'être une petite robe noire. Il ne s'agit pas d'être trop courte, au risque de tomber dans la vulgarité ordinaire qui dévoile les culottes au moindre mouvement, ni trop longue pour ne pas ressembler à une tenue de gouvernante des années 50.
Ma petite robe noire est à l'abri de ces écueils, fort heureusement. Elle est un brin sophistiquée, un poil snob, un soupçon bourgeoise... mais elle sait bien que c'est elle que des mains avides retroussent sans tralala dans les voitures ou les ascenseurs. Et rien ne lui plaît tant que de jouer les gourgandines qui font semblant de résister.